Xi Jinping à Washington : le spectacle diplomatique qui masque l’impasse stratégique sino-américaine

wpbot_image_IwVgPv

La mise en scène était grandiose : troupes en costumes coloniaux, survols aériens de chasseurs et bombardiers, dîner d’État réunissant les géants de la tech américaine. Jeudi 25 septembre, la Maison-Blanche a sorti l’artillerie lourde du protocole diplomatique pour accueillir Xi Jinping. Pourtant, selon les observateurs, le sommet s’est conclu sans le moindre progrès substantiel sur les trois dossiers cruciaux qui empoisonnent les relations sino-américaines : le commerce, Taïwan et la course à la domination dans l’intelligence artificielle.

Cette défaillance diplomatique n’a rien de surprenant pour qui observe depuis des mois l’impasse stratégique entre les deux superpuissances. Les États-Unis tentent d’afficher une maîtrise qu’ils n’ont plus, tandis que la Chine se contente de dérouler son rouleau compresseur technologique et militaire. Les déclarations de victoire diplomatique ne change rien au cœur du problème : Washington ne peut plus imposer ses conditions, et Pékin n’a aucune raison de faire des concessions.

L’Iran : le vrai test de l’ordre américain

Mais le symbole le plus révélateur du déclin américain se joue ailleurs, à quelques centaines de kilomètres du faste de Washington. À New York, dans les couloirs de l’ONU, les négociateurs américains et iraniens tentent laborieusement de sortir d’un conflit qui approche sa septième année. La discussion reste bloquée sur une question élémentaire : qui abandonnera en premier sa source de levier principal ? En d’autres termes, qui baissera les armes en premier ?

Cette question posée de manière aussi crue révèle l’absurdité de la position américaine. Ni Téhéran ni Washington ne peut prétendre avoir remporté une victoire durable. Les deux camps s’épuisent mutuellement, mais le coût politique pour les États-Unis dépasse de loin ce que Washington avait prévu ou ce que les élites américaines sont disposées à payer.

Un ordre mondial fragmenté

Ces deux drames simultanés, le sommet sans résultats à Washington et les négociations bloquées à New York, témoignent du même phénomène : l’effondrement de la capacité des États-Unis à façonner l’ordre international selon ses vœux. Les puissances émergentes, la Chine en tête, ne se soumettent plus aux cadres américains. Les puissances régionales, comme l’Iran, imposent maintenant un coût intolérable aux aventures stratégiques de Washington.

La pompe et la circonstance du sommet sino-américain ne dissimulent plus l’absence de substance. Les spectacles diplomatiques ne règlent rien quand les structures de pouvoir souterraine se sont profondément modifiées. Washington peut brandir ses alliances, ses capacités militaires et son soft power technologique, mais il ne contrôle plus le jeu. Et chaque jour qui passe l’éloigne davantage de l’illusion de maîtrise qui a caractérisé les trois décennies précédentes.